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Aux Etats-Unis, l’université du Maryland recale les médias britanniques et américains pour leur couverture de la question des Armes de Destruction MassiveUne étude publiée par un centre de recherche en stratégie et politique étrangère américaine, le Center for International and Security Studies (CISSM) de l’Université de Maryland, portant sur la couverture médiatique des « armes de destruction massive » par la presse aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, analyse les mécanismes suivant lesquels de très nombreux journalistes se seraient comportés en simples « sténographes » de l’administration Bush, participant ainsi à entretenir la confusion au sein du public. Le 9 mars 2004, Susan D. Moeller, chercheur au Philip Merrill College of Journalism, a rendu public un rapport de 93 pages dans lequel est méthodiquement étudié, de façon comparative, le contenu de la couverture médiatique américaine et britannique au cours de trois périodes pendant lesquelles les sujets d’actualité en rapport aux « armes de destruction massive » » étaient particulièrement nombreux : mai 1998 (période pendant laquelle l’Inde et le Pakistan rivalisaient d’ardeur dans la démonstration de leur maturité nucléaire), octobre 2002 (époque à laquelle l’Irak et la Corée du Nord étaient très présents dans les médias) et mai 2003 (suite à l’invasion de l’Irak). L’auteur porte son analyse sur six journaux et magazines américains (The Christian Science Monitor, The Los Angeles Times, The New York Times, The Washington Post, Newsweek et US News&World Report) et trois journaux et magazines anglais (The Daily Telegraph, The Guardian et The Economist) ainsi que sur différents programmes d’information de la National Public Radio (organisation privée à but non lucratif fournissant bulletins d’information et émissions de divertissement à plus de 750 radios indépendantes aux Etats-Unis). Susan D. Moeller, qui souligne que l’acceptation générale d’une représentation fausse de la réalité est de la responsabilité de chacun, met toutefois en évidence celle des médias, en relevant particulièrement leur incapacité à adopter un point de vue critique face aux manœuvres rhétoriques de la Maison Blanche associant abusivement « guerre contre le terrorisme » et « chasse aux armes de destruction massive ». L’auteur note un effort de recherche plus poussé chez les journalistes anglais que chez leurs confrères américains mais elle observe qu’en général :
Selon Susan D. Moeller, plus que le résultat d’un parti pris idéologique ou de connivences politiques, la piètre qualité de la couverture médiatique peut s’expliquer par le fonctionnement interne des médias : dépendance face aux sources officielles, schématisation dans des contextes d’urgence, chasse au scoop, sensationnalisme et écriture journalistique suivant la technique de « la pyramide inversée », ayant pour effet de mettre en avant les protagonistes et points de vue officiels). Le CISSM propose enfin une série de recommandations concrètes visant à remédier aux manquements relevés : adopter une attitude critique face aux communiqués et à la rhétorique de l’administration en place, ne pas laisser l’urgence et les contraintes de couverture en continu prendre le pas sur le devoir de circonspection, donner une place plus importante aux points de vue opposés à la ligne officielle et aider à replacer le débat dans son contexte international. Le CISSM apporte une contribution d’envergure à un débat indispensable sur les conditions de la production et de la circulation de l’information à la veille de l’intervention en Irak. En effet, le rapport fournit un éclairage très précis sur la responsabilité des principaux organes de presse tout en mentionnant celle qui revient aux commentateurs indépendants, aux membres du Congrès américain et à l’administration Bush. Renaud Lambert - avril 2004 Référence du document : Media Coverage of Weapons of Mass Destruction, Susan D. Moeller, CISSM, 9 mars 2004
Adresse internet du CISSM : www.cissm.umd.edu
Le document est disponible dans sa version abrégée en cliquant ici
Le document est disponible dans sa version longue en cliquant ici
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