|
ofm
 
s'informer
 
agir
 
approfondir
 
|
Un livre qui dérange... les médiasDans mon livre paru en mai 2005, Le temps de l’antipub. L’emprise de la publicité et ceux qui la combattent, j’écrivais en introduction que les (grands) médias et journaux accordent une place minime sinon inexistante à la critique de la publicité. Aussi sans être totalement surpris, moi qui suis journaliste, je déplore (malgré l’attachement que j’accorde au rôle de la presse écrite) aujourd’hui l’absence de critiques portant sur la sortie de mon ouvrage dont le but était justement de lancer le débat sur la puissance démesurée du système publicitaire, ce cinquième pouvoir qui ne dit pas son nom. J’espérai que mon étiquette de journaliste indépendant et la renommée de mon éditeur (Actes Sud) apporterait un certain crédit à mon ouvrage susceptible d’encourager mes confrères à en parler, ce qui ne fut malheureusement pas le cas. Tout en présentant la diversité, les contradictions et les différentes raisons d’être des mouvements antipub, j’établis dans mon enquête une critique globale du système publicitaire en expliquant les nuisances qu’il exerce en France dans les domaines de la culture, l’information, la santé, l’environnement, l’économie, la politique, les comportements de masse... En résumé Le temps de l’antipub prend le parti d’expliquer de manière détaillée selon la méthode de l’investigation journalistique (qui a durée deux ans et demi) que la pub, qui s’est banalisée, n’a rien d’anodin et qu’il est « temps » de réagir face à son emprise. Mais voilà, les médias aiment la publicité, ils en ont besoin pour (sur)vivre, les journaux (en difficulté financière et propriété de grands industriels), ne peuvent se permettre de contrarier les annonceurs et enfin la presse en générale a du mal à relater les critiques formulées à son encontre (notamment celles du chapitre 5 Publicité et information, une cohabitation intenable et celles du chapitre 14 Libérer les médias de l’emprise publicitaire qui mentionnent de nombreux titres de presse). Prouver qu’il y a censure à l’égard de mon livre est bien entendu difficile, car celle-ci se manifeste surtout par l’absence d’intérêt non-fortuite que les médias lui témoigne. Sans oublier le fait que parler de censure, c’est aussi se poser en victime... Pour autant, voici quelques exemples de censure que je suis en mesure de rapporter. Interviewé par TF1 pour le journal de 13 heures, à propos d’une affaire de démontage de panneaux publicitaires près de Bordeaux fin mai, mon intervention fut coupée lors du montage final. La journaliste que j’avais rencontrée et qui travaille en tant que correspondante locale, m’a répondu furieuse et scandalisée que la rédaction parisienne lui avait coupé son reportage sans lui demander son avis alors que pourtant mes propos lui semblaient pertinents. Interviewé, sur cette même affaire par un journaliste de France2, là-aussi mon intervention fut coupée. Mais pour le journaliste, il s’agissait d’un problème de place, sans quoi son reportage aurait été trop long... de quinze secondes ! En presse écrite, (et là, il faut me pardonner , je ne peux pas tout dire sous peine de me brouiller avec mes confrères), je me souviens d’un exemple très significatif. A la sortie du livre, une jeune journaliste a souhaité me rencontrer pour faire état de mon travail. Elle venait d’être embauchée par le journal gratuit 20 Minutes, entièrement financé par la pub. Lorsque je lui ai demandé si cela ne lui posait pas de problème vis à vis de sa direction d’évoquer mon livre qui égratigne notamment la presse gratuite, elle m’a répondu qu’elle exerçait le même métier que moi et que par respect des lecteurs, elle en ferait état. Mais sa direction n’a pas apprécié son interview arguant que c’était là « le moyen de se tirer une balle dans le pied ». L’article est passé à la trappe. J’ajoute aussi qu’un de mes amis qui travaille dans un quotidien de gauche, m’a déclaré qu’il était très difficile de proposer un article trop critique à l’égard de la pub. Enfin, et ce n’est pas non plus une surprise, les radios privées, à l’exception d’Europe 1, ne m’ont pas contacté. Pour Europe 1, j’ai été interviewé durant cinq minutes (par un animateur qui n’avait pas lu le livre !) pour être diffusé à 0 h 40. En revanche, Patricia Martin sur France Inter m’a invité à participer à son émission Alter Ego (qui dure 50 minutes) du 21 juin. Mais il est important de souligner que France Inter est une radio publique qui fonctionne grâce à la redevance. Je me souviens de la sortie des livres sur les médias de Jean-Marc Morandini, animateur sur Europe 1 (L’enfer du décor) et de celui d’Alain De Greef, ex-directeur des programmes de Canal+ (Vous regardez trop la publicité). Personnellement j’aurais apprécié bénéficier des mêmes échos médiatiques... Sébastien Darsy Sébastien Darsy est journaliste indépendant, son livre Le temps de l’antipub. L’emprise de la publicité et ceux qui la combattent est paru chez Actes Sud. |
4 juillet 2005
24 juin 2005
23 juin 2005
22 juin 2005
2 juin 2005  
|