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Le 2 février, à Bruxelles, la commissaire suédoise chargée de la Communication a présenté à la presse le « Livre Blanc sur une politique de Communication européenne ». S’il est vrai qu’il existe un « fossé entre l’Union et ses citoyens », les orientations proposées par le Livre blanc, les explications données tant sur le site officiel que lors de la conférence de presse ont de quoi inquiéter les journalistes de l’audiovisuel. Les orientations proposées si elles étaient adoptées soumettraient les sociétés de l’audiovisuel à une véritable propagande institutionnelle, les transformant en simples communiquants-relais des institutions, sans aucune garantie éthique quand aux fournisseurs. La Commission reconnaît d’ailleurs que « la communication doit devenir une politique européenne à part entière. (...) Selon le Livre blanc, « les citoyens devraient avoir accès à des informations objectives et complètes sur l’Union. » « La Commission souhaite un engagement volontaire des médias à fournir des informations régulières, complètes et justes concernant les affaires européennes. (...) Est-ce à dire que les journalistes accrédités auprès des institutions livrent des informations malhonnêtes ? Le livre blanc précise encore que « les normes et principes communs qui devraient guider les activités d’information (...) pourraient-être inscrits dans un document cadre -charte européenne ou code de conduite européen sur la communication ». « La Commission invite tous ses partenaires potentiels (médias) à s’engager volontairement à respecter certains principes approuvés conjointement. L’objectif étant que les citoyens reçoivent régulièrement des informations factuelles sur les affaires européennes. » Remarquons tout d’abord que la Commission confond allègrement communication et information. Pour le SNJ-CGT, il est hors de question qu’une charte, ou un code de conduite, européen décide de principes communs en matière d’information. C’est aux rédactions et à elles seules de définir leurs projets et choix éditoriaux. Il est également tout à fait significatif que la Commission ne parle que « d’informations factuelles ». C’est pourtant bien d’un manque de mise en perspective du factuel dont souffre l’information ! Le livre blanc précise encore le type de collaborations envisagées : « Collaborer avec les médias : donner à l’Europe un visage humain (...). « Une politique de communication devrait collaborer plus étroitement avec les organismes de radiodiffusion et les médias (...).
Les institutions de l’UE devraient-être équipées de meilleurs outils et capacités de communication (...) :
Les « Questions/Réponses sur le Livre blanc » disponibles sur le site officiel de l’Union sont plus explicites : Lors de la conférence de presse de la Commissaire, les journalistes présents ont compris qu’il s’agissait en fait de transformer EBS en véritable Agence de presse institutionnelle. C’est donc bien une communication formatée, « mise en scène » et prête à diffuser que la Commission se propose de mette en place ! Tout le contraire de ce qu’exige l’éthique de notre profession. La Commission souhaite également « mettre en place de nouvelles formes de partenariats avec les organismes de radiodiffusion et les médias. » Rappelons que les lois françaises n’autorisent pas les partenariats pour les émissions d’information et que le SNJ-CGT est opposé à ce type de collaborations. Ce projet doit-être rejeté, il est globalement néfaste. Le SNJ-CGT appelle par ailleurs les Directions des sociétés de l’audiovisuel et les journalistes à refuser tout partenariat institutionnel, à refuser d’utiliser tous sujets prêts à diffuser fournis par ces institutions et à faire respecter les choix éditoriaux élaborés par les rédactions. Paris le 15 février 2006. |
 
 
 
1er décembre 2006
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6 octobre 2006  
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