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Filière production
Déclaration de la CGT à l’ouverture du CCE du 3 octobre 2006
6 octobre 2006 - Communiqué - SNRT-CGT - SNJ-CGT

La CGT voudrait réagir et vous demande de réagir, monsieur le président, à l’inqualifiable tentative du syndicat des producteurs et des prestataires privés de s’immiscer dans les affaires internes de France télévisions et de France 3.

L’arrogance dont ils font preuve dans le communiqué diffusé hier 2 octobre intitulé « France télévisions, le mirage de l’intégration verticale » en dit long sur la place qu’ils se sont arrogés par rapport aux entreprises publiques.

En feraient-ils autant pour remettre en question une décision stratégique de TF1 ou de M6 ? On peut sérieusement en douter.

Nous le disons nettement : cette prise de position publique de l’USPA, du SPECT et de la FICAM la veille de la réunion du CNPS (conseil national des professions du spectacle) est une atteinte aux intérêts de l’entreprise et de ses salariés.

Car comme cela a été exprimé par Madame la directrice générale lors du conseil d’administration, nous considérons nous aussi que l’outil de production intégré de France 3 est une composante fondamentale de l’entreprise, aussi importante que la régionalisation.

  Projet structurant

Alors que notre industrie de programme est menacée, que nos emplois, nos outils, notre savoir faire sont injustement attaqués par les inspecteurs de l’IGF et par les libéraux de tous bords, vous avez fixé pour France télévisions une orientation stratégique visant à assurer la pérennisation de l’outil de production de France 3.

Le repositionnement de la filière au cœur du groupe peut être un projet structurant pour les salariés de la filière en permanence menacés par l’épée de Damoclès du démantèlement et de l’amputation. Nous avons aussi des propositions. Nous devons en discuter.

  Distorsion de concurrence

Les producteurs privés voient dans ce projet une atteinte à la concurrence. Leur culot serait-il sans limite ? Eux qui s’approprient déjà la majeure partie de la production et de la fabrication du groupe (360 millions d’euros) n’hésitent pas à mordre la main qui les nourrit. Comment peuvent-ils oser invoquer une quelconque règle de concurrence quand on connaît l’organisation actuelle du secteur ?

Une réglementation inique, les décrets Tasca qui contraignent les chaînes à passer commande auprès des producteurs privés et qui interdit à ces mêmes chaînes d’accéder au compte de soutien qu’elles alimentent par ailleurs ! Où est la distorsion de concurrence ?

Un recours structurel au financement public de l’Unedic via les annexes spécifiques de l’assurance chômage qui permet aux producteurs privés d’externaliser leurs charges sur le dos de la collectivité. Où est la distorsion de concurrence ?

Une mécanique parfaitement au point d’aide en cascade pour alimenter les producteurs qui font le chantage à la délocalisation pour obtenir, en plus des aides, des exonérations d’impôts et de charges pour relocaliser les tournages sur le territoire national. Où est la distorsion de concurrence ?

  Intimidation

Les menaces des producteurs privés ne nous font pas peur et nous serions curieux de les voir saisir les autorités européennes pour qu’elles décident qui, entre une entreprise qui structure son activité sur la base de l’emploi permanent et qui gage son efficacité économique sur le patriotisme de groupe et un système sous perfusion d’aide publique et de réglementations ultra-favorables, est le plus conforme aux « règles » de la concurrence...

Alors qu’aucun autre pays d’Europe n’est allé aussi loin dans le financement aidé de la production privée, osera-t-on enfin tiré un bilan critique de 20 ans d’application des décrets Tasca ? La CGT demande une enquête parlementaire. Les décrets Tasca ont-ils donné à la France un avantage notable tant sur le plan artistique qu’économique ? Le bilan est affligeant.
Aujourd’hui la France est dans le peloton de queue des pays européens en matière de fiction et de production audiovisuelle, tous genres confondus, loin derrière la Grande Bretagne et l’Allemagne qui ont conservé des outils intégrés de production.

  Secteur déstructuré

Nous acceptons d’autant moins ces menaces qu’elles proviennent d’acteurs qui ont largement contribué à la déstructuration sociale et économique du secteur tant public que privé.
-   L’USPA, lobby sur actif qui campe en permanence dans les ministères pour capter au mieux les ressources publiques et nourrir quelques une des fortunes les plus insolentes du secteur.
-   Le SPECT, syndicat des animateurs-producteurs (souvenons-nous des voleurs de patates) Delarue, Fogiel et Arthur pour n’en citer que quelques uns adossés à des groupes multinationaux comme Endémol dont la contribution à des programmes originaux et ambitieux ne fait évidemment pas débat.
-   La FICAM, syndicat des prestataires qui a déjà oublié qu’un de ses membres les plus éminents, Bolloré-Euromédia a bénéficié du rachat de la SFP pour la modique somme de 29 millions de francs (et pourquoi pas un franc symbolique) pour se retrouver en situation de quasi monopole.

  La polémique sur les coûts

L’argument sur les coûts avancé par le communiqué est irrecevable. Il occulte le dumping social maintes fois pratiqué par les patrons du secteur.
Comment comparer leurs coûts avec ceux de France 3 qui respecte la loi, applique la convention collective, a une structure de l’emploi permanente, et contribue par son implantation régionale à l’aménagement audiovisuel du territoire.

  L’intégration verticale : une chance pour France Télévision

Nous réaffirmons quant à nous la chance de France Télévision de disposer d’un outil de production intégré.
Il est à même de garantir la qualité de nos émissions par le professionnalisme de ses équipes, le niveau de formation de ses personnels, leur motivation, leur enthousiasme, leur fierté d’appartenir à la filière. Il est à même de sécuriser l’approvisionnement des programmes du groupe, de permettre les investissements techniques cohérents dans un secteur en développement et de contribuer à la régulation sociale et économique du secteur.

Comme vous l’avez fait lors du dernier conseil d’administration, Monsieur le Président, imaginons que par malheur l’outil de production de France 3 vienne à disparaître, on assisterait immanquablement à une envolée des coûts de la prestation dans le secteur !

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Monsieur le Président de réagir publiquement à cette attaque en règle contre l’entreprise et ses salariés.

    Paris, le 3 octobre 2006.

Communiqué SNRT-CGT SNJ-CGT de France 3
Contact : Marc Chauvelot SNRT-CGT 06.87.80.72.16


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